30 jours avec le grand voyageur en tant qu'écrivain - article par István

Préparez vous à découvrir l'expérience d'István, un écrivain et bloggeur hongrois de talent. Il a invité notre journal en cuir phare, le grand voyageur, dans son quotidien pour l'utiliser comme journal intime, carnet de notes et bien plus encore. À travers son témoignage, István nous partage son expérience d'un mois en compagnie de notre grand voyageur, nous offrant un aperçu du quotidien d'un écrivain de profession. Découvrez à travers à ses yeux les raisons pour lesquelles nos journaux en cuir sont bien plus que de simples carnets. 

Nous avons décidé de conserver son témoignage en anglais, la langue dans laquelle il l'a rédigé, afin de préserver l'authenticité de ses paroles.

30 jours avec le grand voyageur, côté écriture

J’ai toujours voulu être de ceux qui attrapent leur carnet plutôt que leur téléphone pour prendre des notes ; de ceux qui renoncent à la vitesse de la technologie pour retrouver le potentiel créatif des outils analogiques ; de ceux à qui un peu d’effort supplémentaire ne fait pas peur, parce qu’ils savent que cela donne plus de poids à la démarche.

C’est vrai que les outils analogiques peuvent sembler peu pratiques : pas de synchronisation instantanée, pas de mises à jour ni de sauvegardes, et un usage parfois plus lent. Mais ralentir peut nous apporter bien davantage : de la sérénité, du recul, une vraie satisfaction créative, une compréhension plus profonde. Dans la vie intellectuelle et créative, nous savons déjà que la vitesse est rarement un avantage.

Prenez par exemple la lecture rapide. Une méthode que tout amoureux des livres rêve de maîtriser, sans toujours connaître les conséquences. Or, de nombreuses études nous le montrent aujourd’hui : on peut effectivement lire très vite, mais cela a un prix. Plus on lit vite, moins on comprend. Pour moi, il en va de même pour l’écriture et la pensée.

Au-delà de cette envie de ralentir, j’ai toujours été fasciné par les habitudes de prise de notes des grands penseurs. Les observations de Léonard de Vinci, qui couchait sa curiosité dans ses carnets ; les idées soudaines de Ludwig van Beethoven, dont le biographe Wilhelm Von Lenz écrivait en 1855 :

Quand Beethoven buvait une bière, il lui arrivait soudain de sortir son carnet et d’y noter quelque chose. « Une idée vient de me traverser l’esprit », disait-il en le remettant dans sa poche. Les idées qu’il jetait ainsi sur le papier, séparément, en quelques lignes et points, sans barres de mesure, sont des hiéroglyphes que personne ne peut déchiffrer. Ainsi, dans ces minuscules carnets, il dissimulait un trésor d’idées.

Le philosophe stoïcien Sénèque a peut-être été l’un des premiers à évoquer la nécessité de rassembler ses idées en un seul endroit — dans un carnet, par exemple — dès le Ier siècle :

Nous devons rechercher les enseignements utiles et les paroles pleines d’élan et de noblesse d’âme qui peuvent être immédiatement mises en pratique — non des formulations alambiquées, archaïques, ni des métaphores extravagantes ou des figures de style — et les apprendre si bien que les mots deviennent des actes.

Avec bien d’autres, ils m’ont inspiré à choisir une alternative plus simple à l’ère de l’efficacité : les carnets et les journaux.

Au fil des années passées à prendre des notes, j’ai développé une habitude : chaque fois que j’ouvre un nouveau carnet, j’essaie quelque chose de nouveau. Avant, c’était difficile, car je gardais généralement deux ou trois carnets en même temps : un journal manuscrit, un commonplace book, des listes de tâches quotidiennes, un journal dactylographié, des résumés de lecture tapés à la machine. Le tout rangé dans des carnets et dossiers séparés que je ne pouvais pas toujours emporter avec moi. Avec autant de carnets, il devenait presque impossible d’expérimenter.

1. La liste de choses à faire de da Vinci. Pour devenir un esprit universel, il faut étudier sans relâche. Même da Vinci se le rappelait dans l’un de ses carnets : « Il est utile d’observer, de noter et de réfléchir constamment. » Mais il n’y consignait pas seulement ses observations : il y écrivait aussi des listes de choses à faire. C’est cette dimension très concrète qui m’a tout de suite plu : [Faire] ceci. [Trouver] cela. [Aller] quelque part. Au lieu de noter une idée de manière abstraite, il la transformait immédiatement en prochaine étape évidente. Dans mon carnet, le recharge pointillé est ainsi devenu un carnet GTD façon da Vinci (Getting Things Done).

2. Toujours avoir mon carnet à portée de main. Je me suis fait une promesse : ne plus quitter l’appartement sans mon carnet. À cause de cette distance créative — c’est souvent quand je m’éloigne du travail que les bonnes idées me viennent. Et quand l’inspiration surgit, j’ai besoin d’avoir mon carnet sur moi pour noter mes idées. J’ai donc glissé ma pièce d’identité dans le card holder du carnet, que je dois garder avec moi, comme astuce pour ne jamais partir sans lui.

3. Toutes mes recherches devaient être dans mon carnet. Je fais généralement mes recherches pour mes essais à la bibliothèque, alors j’ai veillé à ce que toutes mes notes soient réunies au même endroit : dans le carnet. J’aime aussi retaper à la machine les notes que je griffonne dans les livres pendant ma lecture. Pour pouvoir les garder avec moi, j’ai fabriqué mon propre carnet, que je peux utiliser avec ma machine à écrire puis attacher au grand voyageur.

Au cours des 30 jours qui ont suivi, comme vous l’aurez deviné, il m’est arrivé d’oublier d’emporter le carnet pour une longue promenade, en me disant que je n’en aurais pas besoin de toute façon. Et presque à chaque fois, une idée me venait que je ne pouvais pas noter ; puis, au moment de rentrer pour l’écrire dans mon carnet, je l’avais déjà oubliée.

J’ai particulièrement aimé découper moi-même mes recharges à la bonne taille et les agrafer ensemble pour pouvoir écrire dessus à la machine. Une fois plusieurs pages remplies et glissées dans le grand voyageur, j’avais l’impression de fabriquer un livre. Et en tant qu’écrivain et auteur, c’est une sensation franchement précieuse.

Heureusement pour moi, l’équipe de aper republic a eu la gentillesse de m’envoyer un set de carnets spécialement pensé pour les écrivains. Cela a résolu mon problème du moment, car leurs carnets ont des recharges interchangeables. Je peux ainsi emporter trois « carnets » reliés ensemble à la fois, puis simplement remplacer les recharges une fois pleines. Dès que le colis est arrivé, j’ai su quels changements j’allais mettre en place.

Et après 30 jours, quel bilan ? Je crois qu’une conversation avec un ami croisé récemment dans un café l’illustre assez bien. Il a tout de suite remarqué mon nouveau carnet, puisque j’écrivais dedans quand il est arrivé.

« J’aime bien votre carnet », m’a-t-il dit.

« Merci ! Moi aussi, je l’aime beaucoup. En ce moment, je le teste. Il vient d’une entreprise autrichienne. »

« Ah oui ? »

« Vous savez à quel point j’écris. D’habitude, j’emporte plusieurs carnets avec moi en même temps, et celui-ci fait partie de ces carnets à recharges remplaçables. Regardez. » Je sors un carnet pour lui montrer comment cela fonctionne, puis je le remets en place.

« Ah, ça, c’est vraiment quelque chose. Et jusqu’ici, vous en pensez quoi ? » demande-t-il.

« J’aime dire que ce n’est pas l’outil qui fait l’écrivain ou l’artiste. On peut toujours créer avec ce qu’on a déjà ; on n’a pas besoin d’outils haut de gamme, il suffit d’être créatif. Mais dans mon cas, ce carnet m’a apporté une chose très concrète : du confort. Ne plus avoir à transporter trois carnets en permanence, cela me semble aujourd’hui être un vrai privilège. »

« La commodité. » Il continuait à regarder ce petit carnet. « C’est toujours pour cela qu’on paie. »

Au-delà du confort, j’ai profondément apprécié la manière dont mon nouveau rythme de travail a évolué. Comme ce carnet me sert à la fois de journal, de commonplace book, d’espace pour mes notes de recherche et mes notes de lecture, la première chose que je faisais chaque fois que je m’asseyais pour écrire était de feuilleter les pages concernées. J’y trouvais toujours une source d’inspiration, même lorsque je sentais approcher un blocage créatif. Et tout cela, en seulement 30 jours. Je n’ose imaginer ce que cela donnera après trois, six ou douze mois si je garde cette habitude. Alors je suis bien décidé à continuer pour le découvrir.

- G. István Göblyös

https://goblyosgistvan.hu/

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